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Histoire du Bouddhisme |
Histoire du Bouddhisme au CambodgeDu passé au présent ...L'histoire religieuse du Cambodge (Ancien Kampuchea) peut être divisée en trois périodes distinctes :
1- Le Bouddhisme des premiers temps appartenant à la tradition de Sonathera et Uttarathera ; 2- La période du Brahmanisme puissant et du Bouddhisme Mahayana ( Grand Véhicule ) ; 3- La période du Bouddhisme Théravada introduit de Ceylan par le fils du roi Jayavarman VII.
Avant d'adopter la religion bouddhiste, le peuple cambodgien, de même que les autres peuples de la préhistoire, vénérait les éléments naturels : l'eau, la terre, le feu, le vent, ainsi que des génies et divinités locales, et voyait dans les forêts ou les rochers des sources de salut. Ainsi s'explique que, de nos jours encore, se soit conservée la tradition de fêtes rituelles dédiées à ces génies.
Par la suite, le peuple khmer adopta une seule religion qui n'était pas seulement un refuge suprême contre la peur, mais encore faisait accroître sa confiance en l'avenir, en même temps que l'espoir de réaliser ses plus intimes aspirations. Le Bouddhisme, en apportant au peuple khmer une arme contre les superstitions erronées, contribua à affiner sa culture. Depuis son introduction au Cambodge, il s'y est fermement enraciné et l'histoire religieuse du pays montre que, même au cours des périodes les plus difficiles, il a pu se développer à côté du Brahmanisme.
309 avant J.C. : Installation du Bouddhisme au Cambodge
Les documents de Ceylan rapportent que le Bouddhisme s'est installé au Cambodge à cette date. Le pays khmer faisait alors partie du Suvarnabhumi oriental, ou Asie du Sud-Est. A cette époque, le Cambodge était appelé " Pays du Roi de la montagne ". Les chinois le nommèrent Fou-Nan. La capitale s'appelait, en vieux langage khmer, Dalmak, c'est-à-dire : le "Chasseur". Elle était située dans la localité de Baphnom, aujourd'hui la colline de Phnom Ksach. D'après les documents chinois traduits selon lesquels le Fou-Nan s'érigea en Etat au Ier siècle. L'écriture en usage était d'origine indienne. Le peuple du Fou-Nan pratiquait le Brahmanisme et le Bouddhisme et savait sculpter des statues de divinités en pierre ou en bronze.
D'après les récits d'un voyageur chinois Yi-Tsing, et d'après les Annales chinoises, le Bouddhisme ancien a été prospère au Cambodge au moins jusqu'au Ve siècle de l'ère chrétienne. Selon les vieux édits khmers et chinois, un brahmane nommé Kaundinya, arriva au Cambodge vers le Ier ou le IIe siècle, épousa la reine Soma et y établit une dynastie. Ainsi, avec l'installation d'une dynastie indienne et grâce à la présence d'une population indienne très nombreuse, le Cambodge devint fortement indianisé.
VIe - IXe siècle : Développement parallèle du Bouddhisme Mahayana et du Brahmanisme
Avec la conquête du Fou-Nan par un roi du Tchen-la, nommé Bhavavarman Ier, vers le milieu du VIe siècle, s'ouvre l'ère du Tchen-la. L'introduction du Mahayana reste le fait le plus remarquable de l'histoire religieuse du Tchen-la.
Une inscription découverte à Sambor Prei kuk, ou Isanapura (province de Kampong Thom), et datant du règne d'Isanavarman (626), fait expressément mention du Bouddhisme et de l'adoration du Nâga qui protège le Bouddha de ses têtes étalées. D'autres inscriptions de la même période se rapportent à divers faits bouddhiques. Celle relevée par Aymonier à Siem Reap (VIe ou VIIe siècle) a trait à l'érection de statues du bodhisattva Avalokitesvara. Ces statues, cependant, ne semblent pas avoir été nombreuses. on en connaît deux : à Siem Reap et à Kramuonsâr.
Toutes les formes du Brahmanisme et du Bouddhisme ne cessèrent, tout au long de cette période, de se développer parallèlement.
IXe - XIIIe siècle : Cohabitation du Bouddhisme et du Brahmanisme
Certains souverains angkoriens furent brahmaniques d'autres bouddhistes. Parmi ces derniers, il y eut Yasovarman Ier qui transféra la capitale khmère à Angkor Thom, se déclarait bouddhiste fervent et reconnut officiellement le premier, le Mahayana tout en protégeant les autres confessions.
Rajendravarman, l'un des successeurs de Yasovarman Ier qui étaient sivaiste, choisit un Premier Ministre bouddhiste et apporta toute sa sollicitude à l'érection de statues du Bouddha. Sous son règne la liberté religieuse amena une sorte de fusion entre bouddhisme et sivaisme.
En 1002, Suryavarman Ier qui était bouddhiste, reconnut officiellement le Bouddhisme dans son royaume. Cependant, son entourage continuait de pratiquer le Brahmanisme. Une parfaite entente régnait malgré tout entre les bonzes du Mahayana et ceux du Théravada et les Brahmanes. C'est à cette époque, que l'on vit apparaître au Cambodge les statues du Bouddha protégées par le Nâga.
En 1181 monta sur le trône le souverain le plus célèbre de toute l'histoire du Cambodge : Jayavarman VII. Bouddhiste fervent, il vénérait le bodhisattva Avalokitesvara. Dès cette époque, le roi s'identifia non plus à une divinité mais au Bodhisattva lui-même. Ce fut sous le règne de ce souverain que s'élevèrent, dans tout le Royaume, des monuments portant des têtes à plusieurs faces, dont les yeux entrouverts regardent vers le bas et dont les lèvres dessinent ce sourire d'une incomparable noblesse qui a mérité d'être appelé le " sourire de style angkorien ". On pense que ces têtes représentent le roi lui-même, identifié au Bodhisattva, protégeant le peuple khmer et le préserver de toute calamité. Ainsi furent bâtis les temples tels que : Prasat Banteay Kdei, Ta Prohm, Preah Khan, Bayon et des hôpitaux le long des principales routes allant vers le Siam et le Champa, ainsi que d'autres monuments hors de la cité. Le long de ces routes furent aménagés des sala ( lieux de repos ), distants l'un de l'autre d'environ 15 kilomètres et dont le nombre total atteignent cent vingt-et-un.
Installation du Bouddhisme Théravada (langue Pali)
Jayavarman VII envoya en outre un de ses fils à Ceylan pour s'instruire dans la religion du Bouddha ; le fait est relaté dans les Annales birmanes. Les historiens en déduisent que ce prince fut le premier à propager au Kampuchea le Bouddhisme théravadin de Ceylan.
Après Jayavarman VII, le Brahmanisme brilla d'un dernier éclat, des souverains s'y étant convertis, sans que la prospérité du Bouddhisme théravadin eût à en souffrir, si l'on en croit le Chinois Tcheou Ta-Kouan. Le récit de ce grand voyageur chinois qui a visité Angkor Vat en 1296 est très significatif. Il dit: " Les Brahmanes ont les fonctions les plus élevées et jouissent d'un prestige très grand mais n'ont pas d'école. Les laïques qui désirent recevoir une éducation passent une partie de leur jeunesse dans les monastères bouddhistes, ( c'est une pratique courante encore de nos jours ) et leurs études achevées s'en retournaient au monde. Un tel état de choses naturellement résultait dans la diffusion du Bouddhisme parmi le peuple, tandis que les Brahmanes conservaient leurs privilèges dans un cercle très restreint. Depuis cette époque, le Cambodge adopta avec dévotion et ardeur l'enseignement du bouddhisme ancien. Les rois devinrent, à l'instar de la Thaïlande, des "défenseurs de la foi". Le Sangharaja était le chef suprême de la communauté religieuse et le précepteur de la famille royale (Rajaguru). Bien que des traces de Brahmanisme aient survécu dans les cérémonies royales, cela n'empêcha point les rois khmers d'être des bouddhistes dévoués."
Du XVe siècle jusqu'à nos jours :
Cette période a vu s'installer définitivement au Cambodge le Bouddhisme Theravadin, tandis que le Brahmanisme et le Bouddhisme du Mahayana, perdant progressivement leurs adeptes, finissaient par disparaître. Des temples brahmaniques furent transformés en pagodes et, sur l'autel, la statue du Bouddha remplaça le linga. Ces temples, après leur transformation, n'en conservèrent pas moins, bien souvent, leurs noms brahmaniques. Cette particularité se reconnaît aux désignations telles que : Ang, Tang, Krang, Roleang, Ba. Exemples : Ang Preahling, Krang Svay, parmi de nombreux autres. Certaines pratiques, d'origine brahmanique ou mahayanique, ont substitué chez notre peuple jusqu'à nos jours.
Tant de pagodes, aujourd'hui, dans le royaume khmer, pointent leurs toits vers le ciel, tant de bonzes, portant avec noblesse l'ample toge jaune, sillonnent le pays, que les étrangers l'appellent souvent : « Le pays des bonzes ».
Ce renouveau du Bouddhisme ancien toucha par vagues successives la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge et le Laos. En un siècle ou deux, tous ces territoires devinrent, et demeurent toujours de fervents pays bouddhistes Théravada.
Jusque dans les plus rudes années d'épreuves de son histoire, le peuple khmer est resté fidèle au Bouddhisme. A leur yeux, le Bouddhisme demeure le plus haut soutien contre les calamités. « Qui fait le bien reçoit le bien, qui fait le mal reçoit le mal. » Ce principe s'est transmis d'une génération à l'autre avec celui qui le complète « Mieux vaut quitter la vie qu'abandonner la substance du Dhamma.»
Tout au long des régimes qui se sont succédés, excepté une courte période de Communisme, le Bouddhisme fut protégé par tous les chefs d'Etat et Monarques Khmers. Aujourd'hui, il a retrouvé pleinement sa place dans la société cambodgienne.
Bibliographie :
- Présence du Bouddhisme au Cambodge (par le Vénérable Pang Khat)
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